PARTY CONTREPARTIE . étudiants de l'Ecole Régionale des Beaux-Arts de Rouen et de l'Ecole Supérieure d'Art du Havre, 2009
14/02/09 : HSH - NUAGE MAGIQUE
COLLECTIF 76 . Collectif CROSS, Collectif OFF, Collectif VOSKHOD, Collectif HSH, Collectif DOP, Collectif D'EN FACE
TRAVELLING . Oeuvres de la collection du Fonds Régional d'Art Contemporain de Haute-Normandie
Matthias Müller, Home Stories
Julien Audebert
Douglas Gordon
Victor Burgin, The Bridge, 1984
Le cinéma n'est pas, pour l'art contemporain des vingt dernières années, un objet comme les autres. Alors que certains cinéastes entrent au musée et qu’à leur tour certains artistes emploient les moyens techniques et économiques du cinéma commercial, alors également que des plateformes comme Youtube regorgent de remakes et autres montages cinématographiques, l’exposition TRAVELLING propose d’observer ce que les œuvres plastiques elles-mêmes « entendent » par cinéma ou, plus exactement, de quoi est faite la part du cinéma dans ces oeuvres. Cet aspect moins connu des collections du FRAC Haute-Normandie - dont une toute nouvelle acquisition de Paulette Phillips encore jamais exposée – révèle une partie de ce qui amène les artistes à parler de cinéma, avec le cinéma, ou comme s'ils étaient entrés eux-mêmes, et nous avec eux, dans le cinéma.
Ces artistes diffèrent des autres spectateurs en ce qu'ils n'ont pas pu s'empêcher de faire quelque chose du cinéma. Celui-ci, de spectacle exceptionnel et sacré, est devenu, en une vingtaine d’années, et depuis la généralisation de la vidéo, une matière qu’il est possible de conserver et surtout de manipuler. Des portes inattendues se sont ouvertes, libérant des figures qui, peu ou prou, cherchaient à se concrétiser. La mythologie cinématographique (des « classics » hollywoodiens tels que le définit le marché du DVD aux grands succès qui pénètrent l’imaginaire collectif) est réinterprétée comme un corpus d'histoires communes, au creux desquels se lit le sens de ce qui est vécu esthétiquement ainsi que dans la vie, les amours et les guerres bien réelles. Aura des acteurs, rôles et figures, mais aussi des lieux fétichisés des tournages sont réinterprétés par des artistes hantés, comme nous tous, par des personnages et des histoires fascinantes qui semblent reliées entre eux par de complexes généalogies.
Les artistes s’approprient également la technique, l’écriture, voire le format cinématographique, et, ce faisant, leur impact considérable, sur le public. Ainsi filment-ils un espace comme s'ils refilmaient tous les films, construisent un décor comme s'il était destiné à quelque tournage secret, mettent au service d’un récit les qualités identifiables du suspense ou la force sentimentale des partitions musicales écrites pour les films... Mais le cinéma est aussi visité comme un autre monde, autonome et pénétrable, dans lequel les artistes, prétextant faire l’analyse des moyens de la représentation, semblent regretter de n'avoir jamais pu entrer. Suivant en cela bien des scénarios fantastiques (La Rose pourpre du Caire), ils ont tenté de lui donner un peu de forme, un peu de chair. Le regard que nous portons sur les films devient, grâce aux œuvres, un canal à double sens. Et si l’exploration de ce territoire en deux dimensions se fait par des moyens esthétiques, nous plaçant par exemple, littéralement, au cœur d’une action, c’est aussi notre statut et notre savoir de spectateur qui servent de pass, donnant accès, enfin, à un espace désiré et jusqu’alors essentiellement subi.
C.S.
MINUTE PAPILLON . Ecole Supérieure d'Art du Havre, Ecole Régionale des Beaux-Arts de Rouen, 2008
Au sol : Sophie Bobelin, vidéo : Marina Polak
Jeanne Droller
de g. à d. : Olivier Vary, Mher Voskanian, Thimotée Schelstraete
de g. à d. : Morgane Fourey, Habib Fenni, MC Dutertre, Marguerite Lemonnier
Collectif DOP
Charles Vergnolle
Bérénice Mottelay
Où rien ne déborde…
On pourrait penser que ce titre fait grief. En fait non : une exposition d’étudiants où personne ne pense à être plus malin, autrement visible que les autres est assez remarquable, ou alors une nouvelle donne de l’extériorité étudiante (mais encore, plus simplement, mon baptême des expositions d’étudiants nouvelle génération..). Cela signale en tout cas une priorité, celle de faire bien son travail, déjà…
MINUTE PAPILLON* établi, sans contrôle excessif d’ensemble, une viabilité d’une grande facilité, entre propositions fortement hétérogènes. L’équilibre, la tenue, de cette exposition n’est pas dû à la qualité des pièces (qui est également assez régulière) mais à la qualité générale de chaque pièce qui m’a bien l’air d’être ce trait, ce caractère commun de pouvoir exister ensemble, d’entrer en cohérence, non pas de genre ou de style, mais de façon plus curieuse, de place, de place de l’autre.
Certains travaux prennent parfois trois fois plus d’espace que d’autres, et alors ? c’est la place de chacun, du besoin de chaque proposition qui ne connaît pas de prévision préalable.
L’unité de MINUTE PAPILLON, n’est donc définitivement pas celle du temps, mais celle d’un corps qui comprend sa différence.
Sébastien Montero
* Proposition qui se compose de 3 travaux de peinture, 2 projets photo (dont une sonore), 4 vidéos (dont 3 en programmation collective), 3 dispositifs vidéo, deux propositions de dessin, 4 « sculptures » (dont une suspendue et une lumineuse), 5 installations au sol, une au mur et une dernière comme reste d’une performance, un dispositif musical, une installation sonore et un personnage passe-muraille…